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Discours du pape Benoît XVI aux étudiants des universités de Rome, à l'occasion de la traditionnelle rencontre, dans la basilique Saint-Pierre, le 11 décembre 2008 La Lettre aux Romains est l´expression suprême de la pensée paulinienne et signe de sa considération particulière pour l'Eglise de Rome, ou - pour utiliser les paroles du salut initial de la Lettre - pour « tous les bien-aimés de Dieu qui sont à Rome, aux saints par vocation » (Rm 1, 7). La Lettre aux Romains est sans aucun doute l'un des textes les plus importants de la culture de tous les temps. Mais elle est et demeure principalement un message vivant pour l'Eglise vivante, et en tant que tel, je le remets ce soir entre vos mains. Puisse cet écrit, jailli du cœur de l'Apôtre, devenir une nourriture substantielle pour votre foi, en vous conduisant à croire davantage et mieux, et également à réfléchir sur vous-mêmes, pour arriver à une foi « pensée » et en même temps, pour vivre cette foi, en la mettant en pratique selon la vérité du commandement du Christ. Ce n'est qu'ainsi que la foi que l'on professe devient « crédible » également pour les autres, qui sont conquis par le témoignage éloquent des faits. Laissez Paul vous parler, professeurs et étudiants de la Rome d'aujourd'hui, et vous faire participer à l'expérience qu'il a faite personnellement : c'est-à-dire que l'Evangile de Jésus Christ est « une force de Dieu pour le salut de tout homme qui croit » (Rm 1, 16). L'annonce chrétienne, qui fut révolutionnaire dans le contexte historique et culturel de Paul, eut la force d'abattre le « mur de séparation » qui existait entre juifs et païens (cf. Ep 2, 14; Rm 10, 12). Elle conserve une force de nouveauté toujours actuelle, en mesure d'abattre d'autres murs qui recommencent à s'élever dans tous les contextes et à toutes les époques. La source de cette force réside dans l'Esprit du Christ, auquel Paul fait appel de façon consciente. Aux chrétiens de Corinthe, il déclare ne pas compter, dans sa prédication, « sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu » (1 Co 2, 4). Et quel était le cœur de son annonce ? Il s'agissait de la nouveauté du salut apporté par le Christ à l'humanité : dans sa mort et sa résurrection, le salut est offert à tous les hommes sans distinction. Offert, pas imposé. Le salut est un don qui demande toujours à être accueilli personnellement. Tel est, chers jeunes, le contenu essentiel du Baptême qui vous est proposé cette année comme Sacrement à redécouvrir, et, pour certains d'entre vous, à recevoir ou à confirmer par un choix libre et conscient. Précisément dans la Lettre aux Romains, au chapitre 6, se trouve une formulation géniale de la signification du Baptême chrétien. « Ou bien ignorez-vous - écrit saint Paul - que, baptisés dans le Christ Jésus, c'est dans sa mort que tous nous avons été baptisés ? » (Rm 6, 3). Comme vous pouvez facilement le comprendre, il s'agit d'une idée très profonde, qui contient toute la théologie du mystère pascal : la mort du Christ, par la puissance de Dieu, est source de vie, source inépuisable de renouveau dans l'Esprit Saint. Etre « baptisés dans le Christ » signifie être plongés spirituellement dans la mort qui est l'acte d'amour infini et universel de Dieu, capable de racheter chaque personne et chaque créature de l'esclavage du péché et de la mort. Saint Paul, en effet, poursuit ainsi : « Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême dans la mort, afin que comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle » (Rm 6, 4). Dans la Lettre aux Romains, l'Apôtre nous communique toute sa joie en raison de ce mystère, lorsqu'il écrit : « Qui nous séparera de l'amour du Christ ? (...) Oui, j'en ai l'assurance, ni mort ni vie, ni anges ni principautés, ni présent ni avenir, ni puissances, ni hauteur ni profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus notre Seigneur » (Rm 8, 35.38-39). Et ce même amour est ce en quoi consiste la vie nouvelle du chrétien. Ici aussi, saint Paul réalise une synthèse impressionnante, toujours fruit de son expérience personnelle : « Celui qui aime autrui - écrit-il - a de ce fait accompli la Loi (...) La charité est donc la Loi dans sa plénitude » (Rm 13, 8.10). Voici, chers amis, ce que je vous confie ce soir. Il s'agit d'un message de foi, certes, mais dans le même temps une vérité qui illumine l'esprit, l'élargissant selon les horizons de Dieu ; il s'agit d'une vérité qui oriente la vie réelle, car l'Evangile est le chemin pour parvenir à la plénitude de la vie. Jésus a déjà parcouru ce chemin, et ce chemin est d'ailleurs lui-même, qui du Père est venu jusqu'à nous afin que nous puissions à travers lui arriver au Père. Tel est le mystère de l'Avent et de Noël. Que la Vierge Marie et saint Paul vous aident à l'adorer et à le faire vôtre avec une foi et une joie profondes. |
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