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Chef d´oeuvre de maturité Depuis treize ans, Paul est en route. Voyageant de la Palestine jusqu´à la côte adriatique, il est convaincu qu´il n´a plus de champ d´action dans ces contrées. Délaissant l´Asie mineure, la Macédoine et la Grèce, il décide d´aller en Espagne (Rm 15, 24, 28). Auparavant il retournera à Jérusalem où l´Eglise connaît une fois de plus, de graves difficultés financières. Il y apportera le fruit d´une collecte effectuée dans les villes qu´il a visitées depuis son départ d´Ephèse. Cependant il ne veut pas s´attarder en Judée. Il repart rapidement vers la péninsule ibérique. Au passage, il fera escale à Rome qu´il a un vif désir de connaître. Il décide même d´en prévenir, par avance, les chrétiens de la ville de Rome. Ainsi naît la Lettre aux Romains. Comme chaque fois, Paul s´assure la collaboration d´un secrétaire. Celui-ci s´appelle Tertius, littéralement “le troisième”. Après avoir longuement mûri ses réflexions, Paul commence à lui dicter un long texte : le plus long des 14 qui sont conservés. Ses feuilles de papyrus collées bout à bout selon la coutume de l´époque, forment un rouleau de trois à quatre mètres. Cette oeuvre de maturité - Paul a 52 ans - est son chef d´oeuvre. Il en émane une puissance doctrinale, une force de conviction, une sérénité d´esprit qui frappent. Jamais l´auteur n´a mieux été en possession de ses moyens. Jamais il ne s´est montré aussi totalement lui-même. Cette épître est plus un traîté de théologie, une encyclique qu´une lettre. Ce texte, plein d´affection pour des frères que Paul ne connaît pas encore, n´est pas un texte facile. La plus étudiée, la lettre aux Romains est aussi la plus discutée. Pour en parler, Luther trouva une formule admirable : “Elle est en vérité le coeur et la moelle de tous les livres.” Tous les grands thèmes de l´enseignement de Paul y sont exposés : la Loi et la Foi, les rites et l´amour, Adam et le péché, Moïse et l´Alliance, le Christ et l´accomplissement du plan divin. C´est la première fois que Paul écrit à une communauté chrétienne que non seulement il n´a pas fondée, mais qu´il ne connaît même pas. Pourquoi écrit-il à des inconnus ? La raison la plus plausible est celle-ci : préoccupée par la crise qui vient de secouer l´Eglise de Corinthe après celle qui a ébranlé l´Eglise de Galatie, Paul voudrait éviter qu´il ne s´en produise une troisième dans l´Eglise de Rome. Quand il a fini de dicter ce long texte, Paul le confie à un messager qui le porte à Rome, probablement Phoebe, diaconesse de l´Eglise de Cenchrées, le port oriental de Corinthe. Elle a été la protectrice de nombreux Corinthiens et de Paul lui-même. Il conserve une vive gratitude à cette femme de qualité et chrétienne ardente. |
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