La diaspora juive de Rome Au premier siècle, les Juifs sont répandus partout dans le bassin méditerranéen sous domination romaine et jusque dans l´empire parthe en Mésopotamie. Mais la diaspora juive de Rome n´occupe pas les hautes sphères de la société et ne constitue pas une élite intellectuelle comme à Alexandrie. Selon plusieurs spécialistes modernes, il y aurait eu environ sept millions de Juifs dans l´Empire romain. L´Egypte avait à elle seule un million de Juifs. Rome ne dépassait guère quelques dizaines de milliers, certains parlent de 50 000 Juifs. Des Juifs pauvres et toujurs menacés. Philon écrit : “Le vaste quartier de Rome, au-delà du Tibre était occupé et habité par des Juifs. La plupart étaient des affranchis romains.” La prise de Jérusalem par Pompée avait provoqué un large afflux de prisonniers juifs à Rome. Il en sera de même, après la ruine de Jérusalem en 70 : pour 300 deniers, on avait à Rome un esclave circoncis. Ils habitent donc surtout le quartier du Trastévère, le 14e et dernier quartier de la Ville, suivant la division opérée par Auguste, de l´autre côté du port. Les rues y sont étroites et tortueuses, avec des taudis loin des belles maisons romaines juchées sur les collines. Tout près se trouve la catacombe de Monteverde, la plus ancienne des catacombes juves découvertes à Rome avec de nombreuses inscriptions en grec et des tombes pauvres. Avant l´an 70, des Juifs se rencontrent dans toutes les couches de la société, parmi les esclaves, les affranchis surtout, les étrangers résidents et les gens de la plèbe. Quant aux étrangers domiciliés, petits artisans, boutiquiers ou ouvriers du port, ils n´avaient aucun droit, sinon celui d´être facilement expulsés en cas d´agitation. Les Juifs de Rome étaient financièrment et culturellement pauvres. Ils pratiquent les petis métiers : colporteurs ou vendeurs, telle cette femme qui vend des songes et apprend à des enfants à quêter au bon endroit. Un tel judaïsme populaire ne manqua pas d´attirer l´hostilité et le mépris des intellectuels de Rome. Sénèque se moque facilement du sabbat, bon pour les fainéants. A l´exception de Caligula surtout, l´attitude favorable des empereurs face aux Juifs jurait plutôt dans ce contexte d´hostilité populaire. Jules César surtout les soutint fermement. Il leur permit de se réunir, d´observer le sabbat et les fêtes et recueillir des fonds pour le Temple de Jérusalem En 44 avant JC, les Juifs de Rome pleurèrent amèrement la mort de leur bienfaiteur. (d´après Paul Dreyfus, St Paul, Centurion) |